La méditation pour enfants est-elle un effet de mode ? Est-ce encore une façon détournée de renvoyer sur nos enfants nos peurs et nos angoisses sur leur avenir ?
Au contraire, la méditation pour enfants présente-t-elle un véritable intérêt ? Si oui, lequel ?
À choisir entre relaxation et méditation, qu’est-ce qui est le mieux pour mon enfant ?
Voilà quelques-unes des nombreuses questions qui reviennent le plus souvent quand je parle méditation pour enfants, et auxquelles nous allons tenter de répondre dans cet article.
L’intérêt de la méditation pour enfants
En premier lieu, il me semble primordial de rappeler le pourquoi. D’où vient cette demande, ou plutôt ce besoin, de méditation pour enfants.
Premièrement, comme je l’expliquais déjà dans un article sur la relaxation à l’école, nos enfants subissent un rythme de vie effréné. Une accélération du temps qui est le reflet de notre propre vie d’adultes.
En effet, leur rythme doit s’adapter au nôtre. Levés tôt en raison des transports, toujours en retard, pressés par le temps, couché tard… nous leur imposons souvent un rythme de vie très différent de celui qui devrait être le leur.
De surcroît, dans ce que nous pensons être leur intérêt, nous ajoutons à cette vie trépidante du sport (avec parfois des compétitions le dimanche) ou des activités.
Enfin, pour les plus âgés, les réseaux sociaux ajoutent encore au sentiment d’accélération, à la pression de l’instantané.
Or, nous oublions une chose essentielle : nos enfants sont en pleine période d’apprentissage. Leur attention et leur concentration sont sollicitées de façon permanente. C’est une période ou le calme, le temps et le repos jouent un rôle essentiel.
La pratique de la méditation offre donc à nos enfants l’opportunité de retrouver ce repos. De découvrir ce qu’est le calme, et plus particulièrement celui qui est au fond d’eux-mêmes.
Mieux dans sa tête
Nos enfants savent-ils encore ce qu’est le calme ? Nous n’avons de cesse que de le réclamer, mais qui leur explique ? Quelle expérience en ont-ils ? En connaissent-ils les bienfaits ?
Nous pourrions disserter des heures sur ces questions et sur le fait que nous craignions l’ennui, pourtant essentiel. Toutefois, puisque nous avons abordé le sujet de l’apprentissage, continuons dans ce domaine.
L’exemple le plus classique est celui de l’enfant qui fait de réels efforts pour apprendre, qui travaille à la maison, vous récite ses leçons… et bloque quand il est interrogé. Le stress, l’excitation, la peur, l’angoisse de décevoir, les sollicitations multiples sont souvent la cause de ces problèmes.
Ainsi donc, si votre enfant arrivait à retrouver le calme intérieur, à se sentir rassuré, retrouver le chemin de sa mémoire serait une action naturelle.
Dans ces conditions, pourquoi la méditation plutôt que la relaxation ? La réponse à cette question légitime nous renvoie à l’action de ces 2 techniques.
- La relaxation -attention, je ne parle pas de sophrologie, mais bien de relaxation – apporte le relâchement et la détente en prenant conscience de son corps et de son environnement.
- La méditation ne recherche pas cette relaxation. Toutefois, elle invite à renouer avec soi, avec ses émotions. Elle demande de prendre du recul, de la distance aux choses, d’accueillir ses émotions, toutes ses émotions.
« Je leurs dis que c’est comme s’ils étaient une boule à neige qui viendrait d’être secouée. Et que d’un coup, on décidait d’attendre que tous les flocons retombent, pour voir apparaître la figurine ou le paysage derrière. Ce qui apparaît alors, quand le calme est atteint, c’est ce qu’il y a à l’intérieur d’eux-mêmes » – Jeanne Siaud-Facchin.
Une habitude de vie
Pour toutes ces raisons, et bien d’autres que je vous laisse découvrir avec votre enfant, les réponses à nos questions semblent maintenant évidentes.
Oui, la méditation pour enfants a un intérêt et oui, elle fait partie des apprentissages nécessaires. Effectivement, elle peut l’aider à s’apaiser, à prendre confiance en lui, à retrouver le calme propice à un meilleur apprentissage.
Toutefois, je me dois de réitérer mes recommandations habituelles :
- La relaxation pour enfants doit rester une activité ludique.
- Votre enfant doit y trouver un intérêt et du plaisir.
- Pratiquez régulièrement avec lui. C’est bon pour vous, cela conforte votre enfant et cela contribue à renforcer les liens en partageant des moments uniques.
Vous trouverez quelques exercices de méditation pour enfants sur la page qui leur est dédiée et, patience, de nouveaux exercices devraient arriver !
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Merci Sabine pour vos articles toujours pertinents !
Oui bien sur, on va faire méditer nos enfants pour éviter de porter l’attention sur ce qu’ils nous renvoyent. Sans commentaires ..
Renaldo Douletinanapasakatiyani, voilà qui montre bien que vous réagissez sans avoir lu l’article. Dommage… Bonne journée à vous.
Un esprit sain dans un corps sain….
Comme c’est difficile parfois de rester « bienveillant »….
Renaldo Oouuaaa que de jugement et d’ironie déplacé…
Renaldo rassurez moi vous n’avez pas lu l’article?
Patrick Stutz Un travail permanent… ;)
N’y voyez pas une attaque personnelle, ni un jugement moral.Je parle juste de mon expérience avec une pointe d’ironie devant la surenchère d’outils pour « calmer nos enfants ». Je maintiens ce que j’ai dit plus haut, on a bien plus à apprendre en observant nos enfants plutôt qu’à chercher à les corriger. Observez les et vous verrez qu’ils sont régulièrement et naturellement en méditation. Je suis plutôt pour que les adultes prennent conscience de la société ( à travers l’observation des enfants, vous m’avez suivi n’est ce pas? ) qu’ils ont créée avec leurs rythmes effrénées et qu’ils en tirent certaines conséquences. Et si mes propos vous dérangent, puisque vous être sophrologues, vous savez quoi faire ;=)
Renaldo Douletinanapasakatiyani Perso, je ne suis pas sophrologue , je dirais « apparenté », mais « comme ça va mieux en le disant » selon l’expression consacrée, je vous rejoint entièrement dans vos explications ; ils ont cette capacité à se mettre en rêverie, à se détacher naturellement, « innocemment » ? , mais cela n’empêche qu’on peut les aider, en les rejoignant dans une relation complice, ludique, partagée , afin de leur éviter de devenir des adultes « avant l’heure » ?
On est en phase : à nous de se mettre à leur niveau, de retrouver le jeu, la rêverie ! Enfin c’est mon point de vue ;=)
Renaldo Douletinanapasakatiyani l’un empêche pas l’autre . Ce n’est pas parcequon donne a nos enfants des clés et occasions avec la sophro et la médidation de pouvoir à un temps donner savoir retrouver le calme et l’appaisement qu’ils en deviennent pour autant des robots et que nous arrêtons de nous préoccuper de leurs émotions et ressentis. Maintenant il ne faut pas mettre tous les enfants dans le même panier. J’en ai 4 et je penses être sur qu’aucun d’entre eux n’est identique et n’exprime sa colère, sa frustration, sa peine ou même sa joie et son exitation de la même manière qu’un autre. Que se soit en groupe ou de manière individuelle les comportements changent. La génération aussi évolue et les structures psychologique s ne se construisent pas comme il y a 30 ou 40 ans. Malheureusement nous ne pouvons pas changer le monde autour de nous alors il faut développer des choses pour que nos enfants parfois seul face a un événement puissent savoir prendre du recul, de la distance tant physiquement qu’ émotionnellement. Et au contraire partager ce genre ee pratique amène avec bcp plus de facilité à la communication et l’échange spontané.
Je comprends tout à fait ton point de vue et il est cohérent avec ta vision du monde ;=)
En phase avec vous… 2. Les enfants s’auto-centrent naturellement. Ce sont les conditionnements qui les désapprennent à pratiquer l’instant présent. En leur donnant les clés très tôt pour se reconnecter avec leur moi profond, ils y vont plus vite et plus simplement que les adultes après des années de court-circuit entre notre ego et notre moi véritable. Je l’ai expérimenté sur ma grande fille et la respiration consciente ou la méditation ont été salutaires… Mais effectivement pour en arriver à cette pratique, il a fallu parler, comprendre, regarder l’inconscient en face…