Se reconstruire après un burn-out est une phase essentielle, longue et parfois difficile.
Dans un premier temps, il va falloir apprendre à lutter contre toutes nos idées fausses.
Il faut apprendre à casser les barrières que nous avons érigées durant cette longue descente aux enfers en croyant nous protéger.
Ensuite, il sera temps de travailler sur soi, de se reconstruire avant d’envisager un retour au travail.
Pour cela, il existe plusieurs cadres thérapeutiques.
La sophrologie est l’un d’eux. Néanmoins, il est important de rappeler que, avant même de parler de reconstruction et d’accompagnement, la prise en charge médicale de l’épuisement physique et moral est indispensable.
Penser que l’on peut se reconstruire après un burnout sans prise en charge médicale est bien la première de ces idées fausses qu’il nous faut combattre.
Les idées fausses sur le burn-out
En effet, se reconstruire après un burn-out n’est possible qu’une fois que l’on est physiquement et mentalement prêt à le faire. Cette prise en charge préalable par le corps médical est donc essentielle au processus. Elle est le seul moyen de remettre en place des bases solides sur lesquelles il sera possible de se reconstruire.
De même, la seconde idée fausse dont il faut se départir est qu’il n’existe qu’une seule façon de s’en sortir et que cela fonctionne une fois pour toutes. En effet, chaque burn-out est unique. Le burn-out est le résultat d’un processus moral et physique propre à chaque individu. Si chacun a sa façon de s’écrouler, chacun a aussi sa façon de se reconstruire.
Par conséquent, pour se reconstruire après un burn-out, certains auront besoin d’un suivi thérapeutique plus ou moins long et plus ou moins pointu. La sophrologie n’est pas adaptée à toutes les situations. Il est tout à fait normal que votre sophrologue reconnaisse ses limites et vous suggère de revenir vers un thérapeute.
Le processus de sortie du burn-out est long. De même, les rechutes ou les moments de découragement sont incontournables.
Pour ces raisons, il faut aussi apprendre à casser le silence. Il faut oser parler de ses souffrances et de ses ressentis. Thérapeutes ou sophrologues, nous sommes là pour écouter et accompagner, pas vous juger.
Enfin, il faut arrêter de se dire que l’on pourra se reposer « après », quand « tout sera fini », que l’on a « pas le temps ». Il faut apprendre à lâcher-prise, à prendre du recul.
Se reconstruire avec la sophrologie
Se reconstruire après un burn-out nécessite un espace privilégié. Un cadre dans lequel il sera possible d’apprendre à revenir à soi. Où l’on pourra enfin prendre du recul. Où il sera possible de concevoir et expérimenter de nouvelles stratégies de vie.
La sophrologie offre une approche complémentaire aux thérapies habituelles. Son aspect didactique comme la sollicitation conjointe des aspects psychologiques et physiques apportent de nouveaux outils pratiques.
En effet, en se réappropriant son corps et ses sensations, il devient plus facile de se connaître. De redécouvrir et apprendre à détecter cette fatigue qui s’installe avant qu’elle ne nous envahisse.
En travaillant sur le lâcher-prise physique et moral, la sophrologie apporte des outils concrets pour apprendre à mieux gérer son stress.
La reprise d’activité professionnelle demande un travail de fond sur la confiance en soi, en ses capacités à surmonter les épreuves et le regard des autres. Ici aussi, la sophrologie apporte des outils à la portée de tous.
Un pas de côté
Pour conclure cet article, je voulais rappeler une statistique importante. Un chiffre mis en avant par Dr François Baumann dans son livre “Burn-out : quand le travail rend malade“ : 30 à 40% des personnes reprenant le travail après un burn-out replongent. Cette rechute est le plus souvent liée au manque de préparation et à la précipitation.
Se reconstruire demande du temps, beaucoup de temps. Faire appel à un thérapeute est absolument nécessaire pour commencer. L’action du sophrologue n’a de sens qu’après un premier travail thérapeutique qui n’est pas de son ressort.
Par contre, sur la durée et par la méthode qui tend à encourager l’autonomie, la sophrologie peut s’avérer une aide complémentaire précieuse.
Bibliographie:
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Clémence Clem :) tu testes avec nous dès qu’on revient ?
Merci sabine pour toutes ces lectures
le recours à un psychologue du travail a été ce qui m’a permis de m’en sortir dans cette douloureuse épreuve (arrêt de travail de vingt mois), ainsi qu’un suivi par un psychiatre et, surtout, l’aide de mon entourage.
Merci pour cet article très intéressant. Je dirais que le point fort est le temps. il faut beaucoup de temps pour récupérer, mais aussi à condition de libérer les charges mentales, les stress, prendre beaucoup de distance, et de recul. Sortir du jeu. Se déplacer et se reposer beaucoup en s’économisant sur tous les plans, travail, loisirs, déplacements etc… Patricia
Ne pas oublier la médecine du travail. Ils sont à même d’orienter vers les bonnes structures
Ouf ! Absolument !
Merci Sabine Pernet pour la réactivité , je vais regarder ça de plus près.
En effet les quelques accompagnements que j’ai fait ou que je fais dans ce sens montre une évolution formidable chez les personnes que je rencontre. Une de mes clientes me disait que chaque jour elle prenait conscience de certaines choses dans sa vie, que parfois ça faisait mal mais que ça lui permettait de mieux comprendre ce qui était important pour elle dans sa vie et d’avoir une meilleure relation avec ses proches et surtout un respect de soi nouveau.
So Phie, le véritable problème est celui du désert médical. En effet, le premier interlocuteur reste le médecin traitant mais, si aucun thérapeute n’est disponible dans un rayon raisonnable, les choses peuvent se compliquer.
Si les deux semaines dont vous parlez sont proposées par le médecin traitant, c’est un premier pas. Cela vous laisse le temps de trouver un thérapeute compétent. Je vos conseil cet article du site info-depression.fr : http://www.info-depression.fr/spip.php?article30
Très intéressant. Comment faire quand la prise en charge médicale proposée est seulement 2 semaines d’arrêt ? Vers qui orienter quand on est dans un désert médical ? Si quelqu’un a des pistes, je suis preneuse :) Merci.
pour avoir un arrêt médical assez long il vous faut aller chez un psychiatre , bien sur le choix n’est pas facile surtout quand c est la première fois que l’on franchit la porte de ce genre de spécialiste , ensuite on peut toujours en changer s’il n’est pas à l’ écoute.
Il faut surtout mettre le médecin du travail dans la boucle car lui peut mettre la personne en incapacité temporaire et faire une lettre pour le médecin traitant
Merci pour vos réponses. Je vais creuser du côté du psychiatre , pour le médecin du W je n’y avais pas pensé car il a démissionné depuis… merci.
Clair et concis. Merci Sabine.